Après une décennie de croissance à deux chiffres, le secteur progresserait de moins de 5% cette année. Le gouvernement et les professionnels planchent sur une nouvelle offre. Le temps presse. 

 

Fini la croissance à deux chiffres pour l'offshoring. Cela inquiète les professionnels mais aussi le gouvernement. Le dossier de ce secteur -intégré au plan Emergence comme Métier Mondial du Maroc- est aujourd'hui une priorité pour le ministère de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies. Une nouvelle feuille de route devrait voir le jour d'ici le 1er trimestre 2014. En février dernier, une étude avait été lancée par Medz et le ministère en collaboration avec l'Association marocaine de la relation client (AMRC) et la Fédération marocaine des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring (APEBI). L'objectif est de mesurer notamment l'attractivité du Maroc perçue par les professionnels du secteur et de réaliser en même temps un benchmarking avec les autres destinations majeures. 

 

"Cette étude a été livrée en juillet au ministère de l'industrie, du commerce et des nouvelles technologies. L'AMRC travaille, en concertation avec l'APEBI, sur la traduction des recommandations de cette étude en un plan de mesures concrètes permettant de pérenniser et et développer la destination Maroc", déclare au Matin Eco, Youssef Chraibi. Selon le président de l'AMRC, il s'agit de définir un nouveau package d'incentives permettant à la fois de fidéliser les acteurs présents mais également d'attirer de nouveaux investisseurs : respect des engagements déjà pris par le plan Emergence, allégement du dispositif de remboursement des aides existantes, mise en place de nouvelles incitations fiscales, optimisation du système de gouvernance du secteur...

 

Youssef Chraibi confirme que le secteur a connu un net ralentissement depuis début 2013, en raison notamment de la baisse d'activité des clients européens, en particulier français qui restent les premiers donneurs d'ordre du secteur au Maroc. "Après une décennie de croissance à 2 chiffres, nous estimons que l'activité progressera de moins de 5% cette année", regrette le président de l'Association. 

 

Pourtant le secteur a atteint à mi-parcours, environ 50% des objectifs définis pour 2015 : Plus de 55.000 emplois créés à fin 2012 (100.000 en 2015) et près de 8 milliards d'euros de revenus à l'export (20 milliards à l'horizon fixé). Ces dernières années ont été exceptionnelles pour le secteur en termes de croissance (18% l'an) et de création d'emplois (de l'ordre de 5.000 nets par an). Dans son ensemble, l'offshorring occupe le 6e rang des secteurs marocains les plus générateurs de revenus à l'export. 

 

Le gouvernement et les professionnels n'ont aujourd'hui d'autres choix que d'accélérer la définition de la nouvelle offre. 

"Nous devons nous réunir avec notre ministère de tutelle afin de finaliser les contours de la nouvelle offre. Nous espérons donc pouvoir annoncer la mise en place avant la fin de l'année. Nous avons insisté au niveau de l'AMRC sur l'urgence de cette mise en oeuvre compte tenu de la concurrence de plus en plus perceptible des pays d'Afrique francophone" souligne Youssef Chraibi. Les professionnels du secteur ambitionnent un renforcement de tout dispositif pour doper leur activité. A titre indicatif, au niveau fiscal, ils recommandent de donner un nouveau souffle au package initial en vue de mettre en place des incentives durables et non limitées à la phase d'installation. Côté protection des données, leur souhait est l'accélération du processus de mise en adéquation européenne, car cela constitue un pré-requis pour certains donneurs d'ordre, en particulier le secteur financier. 

 

 

Sources : Le Matin - par Moncef Ben Hayoun - le 05 septembre 2013

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